Les affrontements dans l’univers des cryptomonnaies ne sont pas nouveaux, mais la bataille entre Solana et Ethereum prend une tournure décisive. Notamment en cristallisant deux visions opposées de la blockchain de demain. Solana, forte de sa rapidité de traitement et de ses innovations techniques, se heurte à des critiques acerbes des partisans d’Ethereum, qui doutent de sa capacité à devenir un pilier du système financier décentralisé global.

La vision monolithique de Solana en débat

Initialement, Solana a proposé une architecture dite monolithique, où toute transaction passerait par une seule chaîne, ce qui promettait rapidité et efficacité. Cependant, face à la complexité grandissante des besoins, Solana a été contraint de s’adapter et d’intégrer des solutions de couche 2, appelées « extensions réseau ». Cette réorientation n’a pas échappé aux partisans d’Ethereum, qui y voient une reconnaissance implicite de l’insuffisance du modèle initial de Solana pour assurer l’avenir d’une blockchain universelle.

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Pour les experts comme Ryan Berckmans, cette approche soulève des questions fondamentales. Solana ne dispose actuellement que d’un seul client de production, Agave Rust, ce qui fragilise son infrastructure. Un écosystème blockchain robuste repose sur plusieurs clients indépendants, renforçant la sécurité en éliminant les points de défaillance unique. La dépendance à un seul client expose Solana à des risques importants, rendant son modèle plus vulnérable.

Les contraintes techniques et la course à la décentralisation

Un autre frein à l’ambition de Solana est son exigence de bande passante élevée. Pour garantir son fonctionnement, Solana recommande une connexion de 10 Gbit/s. Cette barrière technique semble restreindre la participation à ceux disposant d’infrastructures coûteuses. Cette contrainte s’oppose aux valeurs de décentralisation chères aux puristes d’Ethereum. En l’occurrence, ceux-ci estiment qu’une blockchain mondiale devrait pouvoir se rendre accessible avec des moyens techniques plus modestes pour favoriser l’adoption massive.

Pannes à répétition et manque de résilience de Solana remarqué par Ethereum

L’histoire récente de Solana, entachée par des pannes répétées, alimente la méfiance des utilisateurs. Contrairement à Ethereum, qui peut compter sur des systèmes de sauvegarde pour poursuivre la création de blocs lors d’incidents, Solana reste vulnérable à des interruptions majeures. Quand une panne survient, c’est l’ensemble du réseau qui s’en trouve affecté, paralysant les utilisateurs et soulevant des inquiétudes sur sa fiabilité.

La centralisation de Solana au cœur des critiques

La gouvernance et la distribution des tokens sont également au cœur des débats. La distribution initiale de Solana reste marquée par une centralisation extrême. En effet, des fonds internes détiennent 98 % des tokens. Un choix qui tranche avec celui d’Ethereum, dont 80 % des tokens ont été distribués en vente publique. Cette concentration des richesses autour d’un noyau restreint d’investisseurs soulève des questions sur la légitimité de Solana à incarner un réseau véritablement décentralisé.

Solana et Ethereum : vers un futur divergent

L’opposition entre Ethereum et Solana reflète des visions fondamentalement différentes de l’avenir de la blockchain. Ethereum mise sur une décentralisation à toute épreuve, une résilience technique et une gouvernance inclusive. Par contre, Solana valorise la rapidité d’exécution. Et ce, quitte à sacrifier certains principes de décentralisation.

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